Vaucluse
2019
Nous avons trouvé le gîte du cerisier pour nos deux semaines de séjour. Il est très bien situé par rapport à tout ce que nous voulions faire. Seul petit bémol, il est en bord de route. Un peu désappointés les deux premiers jours, ensuite nous n'entendions plus la route. Les propriétaires sont vraiment très accueillants et sympathiques, nous offrant tout le verger de cerisiers pour manger goulûment toutes les cerises disponibles. Je peux vous dire que je n'en ai jamais mangé autant de toute ma vie !
Le gîte du cerisier se situe ici :
Je vous mets ici le plan général de nos quatorze jours de déambulations dans la région, avec nos bons plans pour stationner et manger aussi.
Partons maintenant à la découverte de cette très belle région, qui nous offre des visages toujours différents, comme vous allez pouvoir le constater au fil de nos déambulations.
VÉNASQUE — un village perché
C’est un ancien site antique où subsistent encore des tours — les fameuses tours sarrasines — ainsi que des remparts qui témoignent de son importance stratégique. Longtemps possession des comtes de Toulouse, puis propriété des papes jusqu’en 1791, Vénasque fut ensuite rattachée définitivement à la France. Depuis l’esplanade de l’église, la vue sur les monts du Vaucluse est superbe. Et pour saisir toute la douceur du village, il faut flâner dans ses petites ruelles fleuries.
LE MUR DE LA PESTE — randonnée
Avant la canicule, nous avons fait quelques randonnées, notamment celle du mur de la peste, un itinéraire chargé d’histoire. Vers 1720, la peste arrive de Marseille et ravage la Provence. Pour se protéger du fléau, un mur de près de 27 km est édifié, ponctué de guérites et gardé jour et nuit. Il empêchait toute personne venant du sud de pénétrer dans le Comtat Venaissin. Aujourd’hui, il traverse une nature superbe et offre une randonnée aussi paisible qu’instructive.
VAISON-LA-ROMAINE — entre histoire et vestiges antiques
Nous avons trouvé un parking gratuit juste en face du site de Puymin, en plein cœur de la ville. Ici, plusieurs lieux méritent la visite : la maison à l’Apollon, la maison à la tonnelle, le sanctuaire à portiques et bien sûr le théâtre antique. Pour les passionnés d’histoire, vous trouverez davantage d’informations exactement ici.
Entre 1909 et 1913, le chanoine Sautel découvre un lot important d’effigies impériales dans le théâtre romain de Vaison-la-Romaine. Parmi elles, Sabine et Hadrien, mis au jour en 1913. Sabine fut donnée en mariage vers 100 ap. J.-C. à l’empereur Hadrien, dont elle partagea le destin politique et les représentations officielles.
Il ne faut pas rater la vieille ville de Vaison-la-Romaine, qui offre une très belle vue sur le pont romain à une arche, vieux de près de 2000 ans. Il enjambe l’Ouvèze et relie le centre-ville à la haute ville. Tout le monde se souvient de la crue de septembre 1992, qui a dévasté la région et causé la mort de plusieurs personnes. Le pont, lui, a résisté.
Au retour, pour clore cette journée, petite halte rafraîchissante au lac de Mormoiron pour une baignade. Sans oublier un moment de détente dans “notre” piscine.
PERNES-LES-FONTAINES — la perle du Comtat
Ne manquez pas de faire le circuit des fontaines (fléchage bleu : 1h de visite et fléchage rouge : 2h). Le circuit n’est plus disponible en 2021, mais voici un lien très riche en informations sur la région : cliquez ici. La ville est jolie et reposante, et la balade le long de la Nesque, à l’ombre des grands arbres, est très agréable.
La ville était surnommée la « Perle du Comtat » et fut la capitale du Comtat Venaissin pendant trois siècles, jusqu’en 1320. Elle recense 41 fontaines publiques, auxquelles s’ajoutent plus d’une soixantaine de fontaines privées.
Sa situation géographique est intéressante, regardez plutôt ci-dessous, photo extraite de Tourisme-pernes.fr .
Ah oui, et surtout ne vous privez pas d'aller dîner chez Côté Jardin (221 Quai de Verdun, 84210 Pernes-les-Fontaines). Pour les amateurs de viande, c'est un arrêt obligatoire : des viandes de bœuf australiennes ou US y sont proposées, un pur délice. Moi qui mange peu de viande, j’avoue avoir été conquise. Très très sympa de manger à l’ombre des platanes, au bord de la Nesque, sous les lanternes… j’ai adoré.
RANDO — Les gorges de la Nesque
Au départ de Monieux (9 km — 4h30, difficile je dirais à cause de certains passages assez dangereux). À faire absolument : le paysage est juste grandiose, et très peu fréquenté… nous n’avons croisé personne !
LES OCRES DE MORMOIRON
Il faut être perspicace et tenace pour trouver les ocres de Mormoiron, tout simplement parce qu’il faut emprunter un petit bout de sentier situé sur une propriété privée. Cela nous a valu de tourner, tourner… pour finalement l’emprunter quand même et découvrir ce site sublime, sauvage, presque secret.
L’Isle-sur-la-Sorgue
L'Isle-sur-la-Sorgue était jadis connue pour le travail de la laine et de la soie. Aujourd’hui, on aime flâner à travers ses canaux et faire le parcours des roues à aube . Autrefois, on en dénombrait une soixantaine. Elle est très connue pour son marché des brocanteurs et des antiquaires. L’eau y est très présente, partout.
Fontaine‑de‑Vaucluse
Fontaine‑de‑Vaucluse et son gouffre. Avec un écoulement total moyen de 630 millions de m³/an, cette source est la première d'Europe et l’une des plus importantes au monde par son volume d’eau écoulé. La fin du XIXᵉ siècle voit se dérouler la première tentative de plongée dans le conduit noyé de la Sorgue, en forme d’entonnoir vertical de 308 m de profondeur.
Du centre de Fontaine‑de‑Vaucluse, on peut monter aux ruines du château et redescendre de l’autre côté à travers la forêt, les bories abandonnées et les murets de pierres sèches.
Le chemin jusqu'au gouffre est vraiment très agréable, à l'ombre des grands arbres, surtout quand il fait 35°. Je n'ai pas mis de photo du gouffre car le niveau de l'eau étant tellement bas, il n'y a rien à montrer.
Les Gorges du Toulourenc
J'ai évoqué notre future rando dans les gorges du Toulourenc à l'office du tourisme de Vaison-la-Romaine avec une charmante dame qui m'a complètement « démoli » mon rêve. Elle nous a vivement déconseillé d'y aller : surfréquentation, abords boueux et sales, pollution… Je comprends qu’en pleine saison estivale le lieu soit très fréquenté, et que pour la biodiversité, la faune et la flore, ce site soit fragile. J’avoue avoir passé outre ses recommandations : nous voulions voir par nous‑mêmes.
En juin, il y a déjà du monde, oui, mais sans excès. Nous sommes des randonneurs respectueux de la nature et nous ne laissons jamais rien derrière nous. Nous ramassons tous nos déchets, toujours — même un chewing‑gum. Le site était propre lorsque nous y sommes allés. Si chacun respecte ce qui lui est offert, il n’y aura pas de problème.
Aujourd’hui, comme les jours précédents, il fait très chaud — environ 36°. Marcher dans l’eau est un pur bonheur. Je vous laisse apprécier.
Avignon — la cité des papes
35° aujourd’hui pour la visite de la cité des papes. (Voir le plan général en début d’article pour le parking gratuit.) Il suffit de franchir le pont à pied pour se retrouver directement à l’entrée de la cité. Idéal.
Avignon est classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Elle a conservé ses remparts et son centre historique, composé du palais des papes (présents de 1309 à 1423), de l’ensemble épiscopal, du rocher des Doms et du pont d’Avignon. Elle est également mondialement connue pour son festival.
Il faudrait y passer la journée pour faire connaissance avec ses ruelles mais aussi avec son histoire, qui ne se résume pas en quelques lignes.
Les Dentelles Sarrasines — rando
Nous avions fait le choix de stationner la voiture sur le parking de Lafare, sur la D90. La rando commence sur la route et dure un peu trop longtemps à mon goût, surtout lorsqu’il fait 36° : le bitume renvoie la chaleur et cela devient vite insupportable.
Je vous conseille plutôt de poursuivre en voiture en prenant la petite route à gauche (fléchage : « Dentelles de Montmirail ») vers le mas de la Baume. Continuez jusqu’au virage en épingle : vous pouvez stationner ici — au retour, un petit sentier suit le lit de la rivière, parfait pour se rafraîchir — ou monter encore jusqu’à la chapelle Saint‑Christophe. Vous éviterez ainsi toute la partie bitumée, vraiment pénible.
Gordes — son village de Bories et l’abbaye de Sénanque
Perché sur son éperon rocheux, Gordes déploie ses maisons serrées comme un amphithéâtre de pierre blonde face au Luberon. On y chemine lentement, porté par la douceur des calades, ces ruelles pavées qui glissent entre les façades étroites et les murets de pierre sèche. La lumière y sculpte tout : les murs, les toits, les ombres. Gordes est un village minéral, harmonieux, où chaque pas raconte la Provence.
Le village des Bories
Au XVIIᵉ siècle, les paysans défrichent des terres éloignées des villages pour y planter amandiers, mûriers et surtout oliviers. La pierre abonde, alors ils construisent ces bories : des cabanes en pierre sèche, sans mortier, patiemment empilées. Ces abris racontent un labeur ancien, celui d’une Provence rurale où les moulins à huile témoignent encore de l’importance de l’olivier dans la région.
Abbaye de Sénanque
Fondée en 1148 par des moines cisterciens, l’abbaye Notre‑Dame de Sénanque incarne l’idéal monastique : un lieu isolé, autonome, où l’eau, le moulin, le jardin et les ateliers permettaient de vivre sans quitter l’enceinte. La construction s’achève vers 1220, offrant l’un des plus beaux exemples d’architecture cistercienne en Provence.
ROUSSILLON et le sentier des ocres
Le village de Roussillon, posé entre Luberon et Ventoux, est célèbre pour son sentier des ocres, où les rouges, oranges, jaunes et blancs sculptent un paysage presque irréel. Une légende raconte l’origine de ces couleurs flamboyantes…
« Dans des temps lointains, vivaient au château de Roussillon dame Sermonde et le seigneur Raymond d’Avignon… Ce dernier, grand chasseur, délaissait chaque jour sa femme, afin de parcourir les forêts. S'ennuyant à mourir, Dame Sermonde fut enchantée lorsqu'un jour, Guillaume de Cabestan, fut engagé pour faire son apprentissage de bon chevalier. Elle se laissa séduire et ils devinrent bientôt amants. Les familiers du château, se doutant de quelque chose, le rapportèrent à Raymond d'Avignon. Pour essayer d'en savoir davantage, le seigneur invita un jour Guillaume à une partie de chasse et lui posa la question. Pour ne pas trahir dame Sermonde, Guillaume lui dit qu'il était bien amoureux, non pas de son épouse, mais de la sœur de celle-ci, Agnès. Dame Sermonde, piquée dans son amour-propre et indignée de la conduite de son époux, exigea de Guillaume qu'il avouât tout dans l'une de ses chansons. Guillaume s'exécuta et Raymond d'Avignon, apprenant la vérité, entra dans une fureur noire, et décida de se venger.
Au cours d'une partie de chasse, il poignarda Guillaume et lui arracha le cœur. Il le ramena à son cuisinier et lui demanda de le préparer afin de le servir à sa femme. Ce qui fut fait au dîner. Dame Sermonde s' en délecta jusqu'à la dernière bouchée, ignorant l'abominable chose. À la fin du repas, Raymond lui révéla qu'elle venait de manger le cœur de son jeune amant. Horrifiée, elle déclara : " Seigneur, vous m'avez offert un si bon repas que jamais je ne veux plus en goûter un autre " puis Dame Sermonde s'enfuit hors du château alla en haut du Castrum, et se jeta dans le vide. Son corps sanglant se répandant sur les terres alentour les colora à jamais d'un rouge flamboyant et une source jaillit là où son corps termina sa course". »
Rustrel et son "Colorado"
Plus sauvage que Roussillon, Rustrel offre un paysage tout aussi saisissant. Les anciennes carrières d’ocre ont été façonnées par la main de l’homme, révélant un véritable Colorado provençal. L’explication géologique est disponible ici.
Aujourd’hui, la chaleur est écrasante : rester en plein soleil devient vite un supplice, vous pouvez me croire.
Ces deux à trois derniers jours, il a fait si chaud qu’il nous a été impossible de randonner malheureusement. Alors nous nous sommes de nouveau rendus dans le Toulourenc, à l’ombre de grands arbres qui bordent la rivière. L’eau y est vraiment fraîche, ce qui nous a littéralement ravis.
Et nous avons profité aussi de notre piscine.
Voilà, la canicule aura eu raison de notre détermination à marcher : repos dans la piscine de notre gîte, avec les quelques guêpes qui, elles aussi, cherchaient l’eau.
Le Vaucluse nous aura offert bien plus que des paysages : des couleurs qui restent sur la peau, des parfums d’herbes sèches et de pierre chaude, des villages accrochés au ciel, et cette lumière qui accompagne longtemps après le retour.
Une terre simple et généreuse, où l’on goûte l’huile d’olive, les cerises de saison, les vins du soleil… et où chaque pas, même ralenti par la chaleur, devient un souvenir précieux.
Merci d’avoir voyagé avec nous
À bientôt pour de nouvelles escapades.
Très belles photos comme d'habitude, le plus pour moi, les cartes et la précision des lieux parce que si on a envie de faire qq chose de similaire on sait précisément où on met les pieds. ..bravo ma Linette. ..
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